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Une page d'histoire
Les
origines de la propriété actuelle :
selon l'ouvrage de Yvette Mangeant (1997) : "il était une
fois... CHEVILLY-LARUE"
Le Château Pompadour.
C'est
le roi Louis
XV qui va faire la fortune de Chevilly. Le monarque ne se plaît pas à
Versailles, il s'y sent écrasé. Il préfère le château de Choisy,
construit par la Grande Mademoiselle, et décide d'en faire sa résidence
favorite. De plus, Choisy est l'endroit le plus facile pour traverser la
Seine et se rendre aux chasses royales de la forêt de Sénart.
| En
1760, la marquise de Pompadour fait acheter par son cousin,
Barthélémy Thoynard de Jouy, avocat et conseiller du roi Louis
XV, l'ancienne prévôté de Chevilly appartenant aux Chanoines
du chapitre de
Notre-Dame de Paris et située sur la route de Versailles à
Choisy. La ferme "bijou", ainsi appelée par son
propriétaire, s'étend depuis la route devant l'église
jusqu'aux abords de Rungis et se déploie sur L'Hay et Thiais.
Un ruisseau bordé de grands arbres et servant de déversoir à
l'étang de La Saussaye traverse et alimente une mare, qui se
trouve au centre de la propriété. Tantôt ce ruisseau déborde
et inonde la plaine, tantôt il manque d'eau et le moulin de
SaintJean à Rungis ne peut plus fonctionner. M. de Jouy fait
donc construire autour de sa propriété un
saut-de-loup (fossé de 3 m de profondeur et de 7 m
de largeur) pour empêcher les inondations. Cette ferme est
magnifique ainsi que la décrit Mme de Genlis qui, à l'âge de
15 ans, séjourna 6 mois à Chevilly avec sa mère Mme du Crest.
La vie va bon train et de nombreuses fêtes ont lieu dans la
belle orangerie. M. de Jouy, voulant recevoir le roi sur ses
terres et l'inviter à la chasse, fait alors construire un château
dans le bois situé près de la ferme, château inauguré par
Louis XV en 1760 lors d'une partie de chasse. |
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Mais
le propriétaire n'a pas les moyens de son train de vie. Un matin, vers
6 heures, la police se présente avec une lettre de cachet. M. de Jouy
doit quitter son lit en toute hâte. Les officiers du roi le conduisent
à Lyon et l'enferment dans la forteresse de Pierre-Encise. En
1767, le domaine est adjugé au sieur Leschevin. Cette même année,
Thoynard de Jouy, libéré, fait tout de suite opposition à la vente de
sa propriété pour mieux garantir les droits de son épouse. Le procès
va durer cinq ans et il faudra attendre trente ans pour conclure
définitivement. Les
héritiers de Leschevin vendent, en 1777, toute la propriété au
chevalier d'Arbeins, qui meurt dix ans plus tard à la Martinique. En
1787, le seigneur Fayard de Bourdeilles en devient le propriétaire.
Puis, le sieur Darblay rachète le domaine. Ignorant les conséquences,
il fait abattre les arbres qui bordent le chenal d'écoulement et
combler le ruisseau qui écoule les eaux de La Saussaye vers la Bièvre.
Les paysans sont ravis, les oiseaux ne viennent plus piller les champs.
Mais l'écoulement naturel des eaux ne se faisant plus, pendant
quatre-vingts ans, Chevilly sera très souvent inondé.
En 1793, le riche banquier Jaume se déclare cultivateur afin de quitter
Paris et fuir les désordres de la Révolution. Il rachète la propriété
et entreprend avec son épouse la restauration du culte religieux.
Le 24 août 1808, un banquier normand, François Outrequin, acquiert le
domaine qui restera propriété de famille pendant quarante-sept
ans. Il fait arracher la roseraie, le verger devenu improductif, fait démolir
les volières et transformer le parc en prairie pour y élever des
chevaux, des vaches et des mérinos (nouveauté dans le pays). Cet
habile négociant prend en pension des chevaux pendant la belle saison,
ce qui lui demande peu de main-d'œuvre et lui apporte un
important rendement. En 1813, il devient maire de Chevilly et,
faute de mairie, le conseil municipal siégera au château. Il meurt en
1834. Son fils Gustave lui succède, dilapide l'héritage paternel et
meurt en 1854. La veuve Outrequin «Junior», née Bonneuil, se décide
en 1854 ou 1855 à vendre sa propriété, probablement pour payer les
dettes laissées par son mari.
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Des
affiches immenses sont faites, représentant les deux façades
du pavillon Thoynard. Deux acquéreurs sérieux se présentent
aux enchères : Mgr Sibour, archevêque de Paris, qui ne veut
pas mettre plus de 220 000 F, et son adversaire le jeune baron
prussien Georges-Arthur von Schickler, qui rachète les 60
hectares du domaine pour 230 000 F. Grand amateur de chevaux, il
y installe un haras. Il espère faire un champ de courses autour
de Chevilly en achetant les propriétés qui s'étendent de la
route Fontainebleau à Versailles, mais les propriétaires s'y
opposent.
Et la catastrophe se produit ! Il fait abattre les deux ailes du
pavillon. Les pierres vont servir à la construction d'un château
d'eau, d'un manège pour le dressage des chevaux, d'une petite
maison pour son cheval de
distinction et d'une écurie mansardée. Il vit en concubinage
avec une danseuse et les gamins du village, pour épier leurs
tumultueuses amours, se pendent aux magnifiques grilles en fer
forgé Louis XV. Pour préserver son intimité, le baron les
fait arracher et remplacer par un mur. Le jardin est aussi
l'objet de sa sollicitude. Désirant manger à Pâques des
abricots et des pêches, il fait construire une petite serre,
chauffée de janvier à mars. De cette façon, il peut manger de
très bonne heure des fruits à son goût. |
Mais
tout n'est pas plaisir. En 1861, Chevilly subit de nouvelles
inondations. Découragé, ce hobereau éleveur de chevaux comme
l'appellent les paysans du village, dit un jour à l'abbé Salmon, alors
curé de Chevilly, qu'il est prêt à vendre sa propriété. L'abbé
sait que les Spiritains cherchent un domaine plus grand. Il leur fait
part de cette information. C'est ainsi qu'en 1863, la Congrégation du
Saint-Esprit achète pour 300 000 F la propriété du baron von
Schickler.
Le
château, refuge d'intimité royale, devint noviciat, refuge d'intimité
divine dira le Père Joseph Heidmann, chroniqueur du
séminaire.
Le 30 décembre 1863, l'abbé Salmon, curé de Chevilly, préside
l'inauguration provisoire et bénit, à midi, le salon du château :
Ce séjour de luxe et de frivolités avait grandement besoin d'être
purifié de tous les péchés qui s'y étaient commis»
; il sera habité par le Supérieur Général.
Quant au beau salon du rez-de-chaussée où Mme de Genlis
donnait des concerts de harpe, il est aménagé, pendant dix-huit
mois, en chapelle provisoire en attendant que les religieux transforment
le manège aux chevaux du baron von Schickler en chapelle, |

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Le
Séminaire des Missions
La Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie
La vocation première des Spiritains est d'aider les étudiants ecclésiastiques
pauvres. De 1736 à 1848, le séminaire du Saint-Esprit situé rue
Lhomond à Paris, forme et envoie des centaines de missionnaires en
France, au Québec et aux quatre coins du monde pour aider les peuples
les plus délaissés, tant spirituellement que matériellement. (cf Histoire
des Spiritains)
En 1863,
l'institut
devenant de plus en plus important, le père Schwindenhammer, supérieur
général de la congrégation, achète la propriété du baron
von Schickler pour 300 000 F. La prise de possession a lieu le
2 janvier
1864.
Pauvre séminaire ! Les classes et le réfectoire sont installés dans
les écuries, le grenier à foin sert de dortoir, le manège est
converti en chapelle et les frères chargés du travail manuel logent
dans l'ancienne ferme. Pas d'eau courante, pas de chauffage, ils s'éclairent
à l'huile de quinquet. Mais grâce au travail acharné de tous, la
propriété redevient prospère et la population accueille cette
centaine de nouveaux venus avec sympathie.
La guerre de 1870 éclate : toute la communauté est évacuée vers
Paris. Les Spiritains mettent à la disposition des habitants leurs cour
et communs, sauvant ainsi fourrages, récoltes, matériel et même les
animaux. Le 17 septembre, les Allemands occupent Chevilly. Le séminaire
est transformé en camp retranché. Pendant quatre mois, les obus français
pleuvent sur le village. La guerre civile apporte de nouveaux ravages et
la paix reviendra seulement à la Pentecôte de 1871.
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Les dégâts sont tels que les étudiants spiritains devront aller
continuer leurs études en Bretagne, à l'abbaye Notre-Dame de Langonnet, pour une période de dix ans. Les frères
réparent les dommages. Ils accueillent 60 orphelins alsaciens, dont
plusieurs deviendront Spiritains. L'argile étant excellente, ils
installent une briqueterie,
construisent le séminaire actuel pour 135 séminaristes,
ainsi qu'un magnifique cloître. Mais l'hiver de 1880 est très rude et,
dans leurs cellules humides et sans feu, les frères contractent la
tuberculose qui va exercer ses ravages pendant vingt ans et provoquer au
moins 70 décès parmi les séminaristes.
En 1902, la congrégation est endeuillée. Treize Spiritains ont été
brûlés vifs à Saint-Pierre durant l'éruption de la montagne
Pelée en Martinique. La tristesse mise à part, au fil du temps, la
propriété devient magnifique : cloître, cultures, jardins, élevages...
tout est superbe. Les frères vivent à la pointe du progrès, utilisent
la machine à vapeur, pratiquent le sport cultivent et fabriquent leur
bière. Ils ont construit leur moulin, leur boulangerie. Tous les
ateliers (forge, menuiserie, taillerie, etc.) fonctionnent à plein
rendement et les villageois sont les premiers à bénéficier de cette
école professionnelle.
Mais pourquoi tant d'efforts ? Parce qu'il s'agit d'un séminaire
missionnaire. Tous ces jeunes gens sont là pour apprendre avant de
partir pour l'Afrique, dans cette Afrique mystérieuse et impénétrable,
où ils devront transmettre leurs connaissances.
En 1912, l'électricité de Vitry alimente la commune et, pour reprendre
la phrase du père Joseph Heidmann : "Grâce aux frères électriciens,
la maison devient lumière." En 1914, la communauté fête
ses noces d'or en présence de l'abbé Touzé, curé de la paroisse (qui
deviendra en 1943 évêque auxiliaire de Paris) et du maire, Henri
Cretté. |


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La salle d'études des
Scolastiques
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Bilan de ces cinquante années : presque tous les Spiritains ont été
formés dans ce séminaire, et c'est l'Afrique qui en a été la plus
grande bénéficiaire. Ils sont partis par centaines, ceux que les
habitants appelaient alors, "les fous de Chevilly". En
cinquante ans, 740 vont mourir en pleine jeunesse (moyenne d'âge 32
ans). Le nombre de vocations étant de plus en plus important, les frères
construisent un nouveau bâtiment, mais la guerre éclate, mobilisant
une grande majorité de la communauté. Les frères restés au séminaire
hébergent 350 petits orphelins belges évacués de l'Yser, qui ne
repartiront qu'en avril 1919. Les frères assurent le ravitaillement de
la population et participent au travail des fermes désorganisées. Le
supérieur du séminaire remplace le curé, appelé sous les drapeaux.
Les frères, entassés à deux ou trois par cellule, sont obligés
d'agrandir leur propriété. Pour le 75e anniversaire du séminaire, le
gros-oeuvre est terminé et la chapelle consacrée par le supérieur
général, Mgr Le Hunsec. Les aménagements intérieurs, comme l'eau
courante, exigeront encore vingt cinq ans.
Pour la troisième fois, la guerre éclate. Les 350 Spiritains quittent
la communauté. Celle-ci devient un hôpital militaire, un foyer
pour les soldats indochinois, malgaches et sénégalais, une caserne
allemande, avec une batterie de DCA dans la propriété, et finalement
un camp américain et dépôt pour les FFI. Ces occupations successives
vont durer six ans, laissant les locaux en bien triste état. Durant
cette guerre désastreuse, 17 Spiritains ont été tués, dont le jeune père
Mazurié à la libération, à Chevilly même, et 115 sont faits prisonniers. Beaucoup d'autres ont connu le
travail obligatoire en Allemagne, et certains, les camps de déportation.
8 maii 1945, enfin la paix ! La maison, peu abîmée extérieurement,
peut rouvrir ses portes. La vie reprend son cours. Chaque année, de
nouveaux missionnaires partent pour l'Afrique, mais une Afrique beaucoup
moins dangereuse que jadis. Le scolasticat déborde de jeunes spiritains
en formation, dont les aînés vont remplacer les missionnaires chevronnés,
fatigués ou amoindris par les années d'isolement dues à la
guerre.
C''est donc dans
ce domaine du "Séminaire des Missions" de
Chevilly que de nombreux jeunes hommes venant des quatre coins de
France et même de l'étranger se préparaient à la vie religieuse dans
la Congrégation du Saint-Esprit, devenant ainsi
"Spiritains", selon la règle instaurée par les
fondateurs, Claude Poullart des Places et François Libermann.
Les séminaristes recevaient une formation
théologique et pastorale de professeurs spiritains de grande
expérience, et s'initiaient au ministère apostolique dans les
paroisses de la banlieue parisienne. La vie liturgique était
importante et les cérémonies nombreuses et solennelles
comme les fêtes-Dieu. Ils participaient aussi aux travaux
manuels d'entretien des bâtiments et de la propriété, en dehors de leurs
heures d'étude. Devant le nombre des missionnaires à former,
les bâtiments actuels furent construits progressivement
par les Frères spiritains. Ils se formaient ainsi
à tous les métiers nécessaires à la vie et au développement
des postes de Mission auxquels il seraient envoyés.
Les frères, jeunes
et anciens contribuaient à la vie de la communauté par
les ateliers et la ferme qui comprenait élevage et
agriculture.
Au terme de leur formation, prêtres et frères , au cours d'une
cérémonie solennelle, recevaient alors leur
"obédience", généralement pour un départ vers les pays qu'on appelait alors les pays
de mission.
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Une ordination de 25 prêtres
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Adieu, Frères, Adieu ....... On estime que plus de quatre
mille prêtres et frères missionnaires spiritains
sont ainsi partis de Chevilly pour l'Évangélisation dans les missions de l'Afrique et des îles de
Madagascar, de la Réunion, de Maurice, ainsi que des
Caraïbes : Haïti, Martinique, Guadeloupe, sans oublier
la Guyane, le Brésil, le Paraguay, en Amérique du sud,
le Mexique, les Etat-Unis, le Canada, St Pierre-et-Miquelon,
en Amérique du Nord et plus récemment
le Pakistan, les Philippines, le Viet-Nam et Taiwan.
Il faut aussi mentionner ceux qui, souvent à
leur grande déception, restaient en Europe provisoirement ou
définitivement, pour le service des oeuvres de formation, collèges,
oeuvres de jeunes et séminaires en France, mais aussi à Rome
(Séminaire Pontifical français), et d'autres pays. |
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Atelier de menuiserie
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Travaux
manuels pour tous |
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Le dernier bâtiment construit, au début des années 1930, fut la
grande chapelle, à la mesure de la communauté d'alors, pour les
offices liturgiques et les nombreuses ordinations sacerdotales
plusieurs fois par an.
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ET..... |

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AUJOURD'HUI.... |
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Le "Chant du
départ" des Missionnaires Spiritains dans les années 1930 - 1960
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