Congrégation du Saint-Esprit 
      
                       sous la protection du Cœur Immaculé de Marie ( Spiritains )
 
         
                           SÉMINAIRE des MISSIONS
                                                             de Chevilly-Larue  (Val de Marne) 
    
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Père Henri LITTNER
né à MORHANGE (57), 6 octobre 1915, décédé à CHEVILLY, 9 janvier 2OO7
 
Profès le 8 septembre 1934 à Orly 
Prêtre le 5 juillet 1942 à Blotzheim

AFFECTATIONS 
FRANCE: Wilsberg (43-44, administration territoriale) ; Paris (45-54, séminaire du St Esprit, professeur de morale et droit canon) ; La Croix Valmer (54-55, professeur). BELGIQUE : Louvain (55-56, études de liturgie).FRANCE : Paris ( 57-67, Maison-Mère, études de liturgie) ;Chevilly (57-63, professeur) ; Paris (63-66, archiviste général adjoint).CENTRAFRIQUE : Bangui (1965, professeur au séminaire de Brazzaville replié sur Bangui).ITALIE : Rome (66-88, secrétariat général FRANCE : Chevilly (1988-1998, Archives générales, 1998-2007, retraite).


Père Léandre MICHEL 

né à BEAUCE (35) le 8 avril 1915, décédé à  CHEVILLY, le 9 janvier 2007 
Profès le 7 septembre 1939 à Orly Prêtre le 30 juin 1941 à Rennes

AFFECTATIONS :

FRANCE: Œuvre d'Auteuil (42-45,  directeur à Marcoussis, Verneuil, Audaux). CONGO : Pointe Noire (46-51, directeur diocésain de l'enseignement ;  51-55, St Pierre ; 55-81, St François) FRANCE : Thiais (81-94, aumônier des Annonciades) ; Chevilly (1994-2007, retraite). 

 

Né à Beaucé, aux portes de Fougères, le 8 avril 1915, Léandre MICHEL est le 9ème enfant d'une famille de 10. On est surpris d'apprendre qu'un seul de ses frères, le 2eme, se maria et que les 9 autres consacrèrent leur vie au Seigneur, trois frères des écoles chrétiennes, 2  spiritains, Joseph et Léandre, trois sœurs augustines de Fougères et une bénédictine du St Sacrement. Léandre entre au Noviciat spiritain en 1938, est ordonne prêtre à Rennes en 1941, le 30 Juin et, comme c'est la guerre, est affecté à l’œuvre d'Auteuil comme directeur des maisons de Marcoussis, puis de Verneuil, enfin de Audaux.
Début 1946, il s'embarque pour le Congo et arrive à Pointe Noire le 21 Avril, jour de Pâque. Pour la rentrée scolaire de la même année, il est nommé directeur de l'enseignement du Diocèse , charge qu'il tiendra 5 ans donnant un beau dynamisme à ce moyen pastoral, important à l'époque.
Il est alors affecté à la paroisse St Pierre de Pointe Noire, orientant ses efforts sur le quartier St François ou il y a une grande école primaire et le projet d'y construire une église pour devenir le centre d'une nouvelle paroisse.
Effectivement, en 1953, il est nommé curé de St François et y restera jusqu'en 1981, tout en laissant aux plus jeunes qui viendront ensuite, la responsabilité pastorale de la paroisse. C'est pendant cette période, que survient pour le pays, l'accession a l'indépendance, en 1960; puis en 1963 la révolution à orientation marxiste, suivie en 1965, la nationalisation de tout l'enseignement privé.
Cet événement va bouleverser la pastorale et amener le diocèse a repenser toute la catéchèse des enfants hors de l'école, et aussi de trouver d'autres chemins pour la formation chrétienne des jeunes, car les mouvements de jeunesse furent interdits.
L'équipe pastorale de St François, dès 1965‑66, va mettre les catéchumènes dans les quartiers, multipliant le nombre des catéchistes et les formant de façon régulière. Et c'est autour de ces noyaux de pastorale qu'à partir de 1968,furent lancées les communautés de base dans chaque quartier ( il y en eut 21).Pour Léandre, c'était un vrai changement auquel il sut s'adapter avec beaucoup de simplicité et de générosité. Des réunions hebdomadaires de l'équipe avec les sœurs permettaient de partager les expériences, heureuses et malheureuses, et de progresser dans ces nouvelles orientations. Je me souviens personnellement des heures passées à visiter les chrétiens, quartier par quartier, du partage dans les réunions de communauté qui duraient parfois jusqu'à 9h.30 ou 10 h le soir, des problèmes qui se posaient soit au niveau des enfants du catéchisme, soit des catéchistes ( nous en eûmes jusqu'à 120 pour 1000 catéchumènes) soit de la marche même des communautés. Léandre, toujours disponible, toujours à l'écoute, participait à tout avec toute sa patience. Ce fut un vrai pasteur qui eut beaucoup d'influence sur les jeunes, justement grâce a sa patience et sa qualité d'écoute.
Je ne peux passer sous silence son esprit de prière, sa fidélité aux mouvements de Légion de Marie qui faisaient un travail en profondeur sur les quartiers. enfin, ayant expérimenté les difficultés financières d'une paroisse à ses débuts, il mit tous ses efforts à développer une unité de production de poules pondeuses et là aussi, la collaboration de toute l'équipe permit à la paroisse de vivre convenablement des années durant.
    Léandre est rentré en France en 1981 et fut affecté comme aumônier des Sœurs Annonciades à Thiais où il restera 13 ans avant de venir a Chevilly profiter d'une retraite bien méritée. Dans la ligne de son frère Joseph, pour lequel il avait gardé une grande admiration, il voulut lui aussi promouvoir l'intérêt des spiritains pour Claude François Poullart des Places dont il méditait et transcrivait les textes. Cela occupait bien son temps avec les temps prolongés de prière.
Il nous laisse le souvenir d'un confrère discret et serviable, et d'un missionnaire entièrement donne à son ministère apostolique

Pierre DERIVE

 

Monseigneur Gérard de Milleville , 
Archevêque émérite de Conakry

le 27 mai 1912 à Londinières (76), Profès le 5 décembre 1932 à Orly, Prêtre 26 août 1939 à Langonnet, Évêque le 20 novembre 1955, 
Décédé à Antony le 12 janvier 2007 âgé de 94 ans

AFFECTATIONS :

GUINÉE : Boké (42-52) – (Mobilisé de 1943 à 1945) ;  Kataco (52-53) ; Kindia (53-55) ; Nommé vicaire apostolique de Conakry en juin 1955 et archevêque de Con     akry du 20 novembre 1955 à 1961.
BRÉSIL
: Fortaleza (63-68 et 70-80, vicaire épiscopal).
GUADELOUPE
: Basse-Terre (68-70, administrateur apostolique).
FRANCE
: Nogent-sur-Marne (80-93, aumônier) ; Chevilly (1993-2007, retraite).

Les obsèques, qui ont rassemblé un grand nombre de membres de la famille et d'amis, ont été célébrées dans la grande chapelle de la communauté, et présidées par Mgr Daniel LABILLE, Évêque de Créteil. De nombreux messages de Rome, de Guinée et de Guadeloupe ont été lus, témoignant du travail accompli par notre confrère.

Le Père Gérard Vieira, archiviste de la Congrégation et ancien missionnaire en Guinée a retracé la vie et l'œuvre de notre confrère :

        Il est bien difficile de raconter en quelques instants une vie aussi longue et riche que celle de Mgr de Milleville ! Né le 27 mai 1912, dans le diocèse de Rouen, Gérard de Milleville est Normand, comme l'étaient avant lui d'autres spiritains illustres tels que Mgr Le Roy, le P. Briault, Mgr Lerouge, le premier évêque de Conakry, et son successeur, Mgr Bernard. Devenue veuve, la mère de Gérard se rapproche de Paris et le jeune Gérard fait ses études au collège Saint Jean de Béthune à Versailles. C'est alors qu'il décide de devenir missionnaire et il choisit la congrégation du Saint‑Esprit. A l'époque, on commençait la formation par le noviciat, à Grignon/Orly. A la fin de son année, Gérard de Milleville fait profession le 5 décembre 1932, à 20 ans donc, et suit le cursus habituel des spiritains, un peu perturbé à la fin par les menaces de guerre. Le scolasticat se réfugie à Langonnet et les ordinations sacerdotales y sont avancées au 26 août 1939. Mobilisé pendant quelques mois, le Père de Milleville échappe aux camps de prisonniers et peut achever sa formation théologique à Chevilly le 6 juillet 1941. En août il est désigné pour la Guinée, en même temps que le P. Le Mailloux, mais à cause de la guerre et des difficultés de transport, il n'arrive à Conakry que le 23 mars 1942. Un an plus tard, presque jour pour jour, il est mobilisé à nouveau et participe au débarquement à Saint‑Raphaël, dans le midi de la France, remonte les Alpes et le Jura et termine la guerre en 1945 à Baden‑Baden.
    De retour en Guinée la même année, il y attend sa démobilisation, et rejoint enfin sa mission de Boké en décembre. Son supérieur le charge spécialement du secteur du Bagataï, le pays Baga, sur la côte, autour de Kataco. L'évangélisation y progresse suffisamment pour qu'une nouvelle mission y soit créée en 1951 et, tout naturellement, le P. de Milleville en devient le premier supérieur. Mais bien vite, en 1953, il est choisi comme supérieur religieux du district spiritain de Guinée et s'installe donc à Kindia, plus central. Il aime ce rôle de contact et de soutien de ses confrères. Son plaisir, à cette époque‑là, c'est de s'arrêter un moment pendant ses tournées et de prendre un bain dans une rivière et elles sont nombreuses en Guinée ! Il aura toujours besoin de se dépenser physiquement.
    Sa fonction sera de courte durée car, en ce temps‑là, on choisissait volontiers les supérieurs religieux pour en faire des vicaires apostoliques. Effectivement, le P. de Milleville est sollicité pour succéder à Mgr Bernard désigné pour Brazzaville. A cette annonce, il écrit au supérieur général : « Vraiment, je ne me vois pas évêque. Si telle est le volonté du Bon Dieu et de mes supérieurs, je m'en voudrais de faire des difficultés, mais je me sens plus apte à faire un Frère coadjuteur » ! Nommé Vicaire apostolique de Guinée le 8 mai 1955, évêque de Dalisande, un évêché fictif en Pamphylie, il est ordonné en fait comme premier archevêque de Conakry, le 20 novembre 1955, car, entre temps, le pape Pie XII avait décidé la transformation des vicariats apostoliques en diocèses et archidiocèses. C'était l'établissement d'une hiérarchie locale en Afrique. Mgr Bernard n'avait passé que quatre ans en Guinée, mais il avait transformé le visage de son Eglise. Mgr de Milleville n'aura qu'à marcher dans les mêmes sillons, en poussant le développement des écoles et la promotion de l'Action catholique.
    1958 : le Guinée prend son indépendance. Avec les deux autres responsables de diocèses, Mgr de Milleville adresse une lettre au Président Sékou Touré pour dire que l'Eglise n'est pas liée à une puissance coloniale : elle est prête à travailler avec n'importe quel régime, pourvu que soient respectés les droits inscrits dans la Constitution. En fait, la situation va se dégrader rapidement, à cause de l'isolement de la Guinée, à cause surtout de l'idéologie de son Chef En 1959, les émissions religieuses à la radio et les mouvements d'Action catholique sont supprimés, autrement dit tout ce qui pourrait former les esprits dans un sens différent de celui du Parti unique. A partir de 1960, les écoles privées sont nationalisées, d'une façon larvée d'abord, puis officiellement à partir du 1" septembre 1961. Mais dans la foulée de cette annonce, le Président réclame une Eglise nationale, indépendante donc de l'étranger. C'est, à tort ou à raison, le spectre de la Chine qui s'impose aux évêques, avec la perspective d'une Eglise au service du Parti. Mgr de Milleville envoie une lettre de protestation et la fait lire dans toutes les paroisses et missions le dimanche 20 août 1961. Sékou Touré lui donne alors 24 heures pour se dédire, sous peine d'expulsion. Impossible de rencontrer le Président et les interventions des abbés Guinéens ne servent à rien. Le 26 août, jour anniversaire de son ordination sacerdotale, Mgr de Milleville est conduit à l'aéroport par la police et expulsé vers le Sénégal, non sans que sa valise n'ait été soigneusement fouillée. Reçu à Dakar par le Nonce et l'archevêque Mgr Thiandoum, Mgr de Milleville fait paraître une déclaration dans les journaux : « J'ai honte pour la Guinée... » Il se rend alors à Rome en prenant bien soin de ne pas passer par Paris : il s'agissait d'un problème religieux et non politique. Au Vatican, il obtient les fonds nécessaires pour combler le déficit des écoles et prépare sa succession en donnant sa démission d'archevêque de Conakry le 10 mars 1962. Il se met alors à la disposition des supérieurs en attendant le commencement du Concile Vatican Il. Après la .première session, au début de 1963, Mgr Lefebvre devenu supérieur général, lui propose d'aller prospecter l'Amérique Latine car un certain nombre d'évêques avaient demandé l'aide de la congrégation. Mgr Hascher, l'évêque spiritain de Cruzeiro do Sul, organise son voyage et Mgr de Milleville peut ainsi visiter le Brésil, en particulier l'Amazonie et le Nord‑Est. A la deuxième session du Concile, Mgr de Millevi
lle rencontre à nouveau Mgr Delgado, l'évêque de Fortaleza qui l'invite a venir travailler chez lui. Il lui confiera l'animation des communautés religieuses, Le concile se termine en fin 1965. Mgr de Milleville commence par apprendre le portugais et, en1967, il rejoint Fortaleza: il s'occupe alors des « Joséphines », une congrégation locale, mais surtout des Carmélites.
   
En  1968 arrive la deuxième grande épreuve de sa vie : une lettre de Rome lui demande d'accepter l'administration du diocèse de Guadeloupe. La période est difficile, politiquement et religieusement. C'est un moment de troubles, à tendances indépendantistes. Le clergé local est plus ou moins de concert avec ce mouvement. Mgr Gay, malade, s'est retiré et il a fait entendre qu'un Antillais le remplacerait. La première réponse de Mgr de Milleville est un refus : il garde le souvenir des événements de Guinée et, d'un autre côté, il commence à se faire à son travail auprès des religieuses. Mais sur les instances du Vatican et de la nonciature d'Haïti (dont dépendait alors la Guadeloupe), il accepte finalement de rendre ce service. Il est nommé administrateur le 29 janvier 1968. Sa préoccupation première est de prendre contact avec tous les milieux, spécialement avec le clergé local. Et dès le 19 juillet 1968, il obtient de Rome la nomination de l'abbé Oualli comme évêque de Basse Terre et Pointe à Pitre. Mais cette nomination ne paraîtra en réalité que le 1" août 1971, deux ans plus tard.
    Que s'est‑il passé ? Peu à peu, Mgr de Milleville découvre la cause du retard. L'affaire s'est traitée avec la nonciature d'Haïti, non celle de Paris, et le gouvernement français se plaint d'avoir été tenu à l'écart. Surtout, le Préfet de Guadeloupe s'oppose violemment à cette nomination. Pour lui, l'abbé Oualli est un nationaliste dangereux ! Mgr de Milleville passera donc deux ans en tractations avec Rome, Paris, Haïti, faisant face aux soupçons : on l'accuse de retarder ce projet, ce qui est vraiment bien loin de sa pensée. Ce délai servira à Mgr de Milleville à confier davantage de responsabilités aux prêtres de Guadeloupe, au risque de ne pas toujours être compris dans d'autres milieux, y compris spiritains. Ce séjour en Guadeloupe est le seul moment de sa vie où Mgr de Milleville a connu la tentation du découragement.
    En 1971, il peut donc retrouver ses religieuses de Fortaleza. En fait, son rayon d'action dépasse le diocèse. Il visite les carmels d'Espagne pour s'imprégner davantage de l'esprit de Ste Thérèse d'Avila. Il est en lien avec le Carmel de Lisieux, dans sa Normandie, mais aussi avec les Carmels d'autres diocèses, même en Bolivie. Son travail est certainement très apprécié à en juger par le nombre de lettres de religieuses, Carmélites surtout, qu'il recevra après son retour en France. En 1977, craignant de devenir plus tard une charge, il propose de rentrer en Europe mais le Cardinal Lorscheider (nommé entre temps responsable du diocèse) lui demande de prolonger son séjour trois ans encore. Arrivé en conge en 1980, Mgr de Milleville se met à la disposition du supérieur provincial de France. Il a 68 ans et se sent assez fort pour prendre en charge une aumônerie. On lui propose alors celle des spiritaines de Nogent sur Marne. A côté de leur maison de retraite, il trouvera un autre Carmel... E même temps, il reste en lien avec la pastorale^paroissiale et diocésaine.
    Enfin, en 1993, le 1er octobre, Mgr de Milleville rejoint la communauté de Chevilly pour sa propre retraite. Il en profite pour mettre en ordre ses notes sur le Brésil et la Guadeloupe. Il passe de la chapelle à la salle de lecture, aime méditer sur les icônes, rend de multiples petits services, par exemple distribuer le linge aux confrères malades.. Mais chaque jour, il n'oublie pas de faire le tour du parc, même en fauteuil roulant, après ses nombreuses opérations. Il aime aussi rejoindre le personnel de la maison à la pause‑café de 10 heures. Le 13 novembre 2005, la communauté de Chevilly fête dans la joie ses cinquante années d'épiscopat. Mgr Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, vient exprès de Rome pour présider la célébration. Mgr de Milleville l'avait connu petit séminariste en Guinée...
    Simplicité, service, sourire, il me semble que ces trois mots décrivent la vie de Mgr de Milleville. Pour lui, ce ne sont pas des mots mais une réalité vécue quotidiennement. Dieu aime ceux et celles qui gardent un cœur d'enfant !
Père Gérard Vieira

25 Septembre 2007   est décédé à Chevilly, âgé de 80 ans le Frère Michel JACQUET


le 18 avril 1927 à Sancey-le-Grand (25) - Profès le 8 décembre 1945 à Chevilly sous le nom de Frère ANTIDE

AFFECTATIONS FRANCE : Chevilly (1947-1948) ; Mortain (1948-1949, cordonnier). RCA : Bangui (1949-1956). FRANCE : Paris, rue des Pyrénées (1957-1960, portier puis cuisinier) ; Marseille (1960-1961, cuisinier) ; Chevilly (1961-1963, cuisinier) ; Wolxheim (1963-1967) ; Chevilly (1967-2007, porterie, philatélie, retraite).

Ayant donné son corps à la science, des célébrations seront organisées ultérieurement
 à Chevilly-Larue et à Sancey-le-Grand (25), son village natal.
 

L'Eucharistie du dimanche 7 octobre 2007 
est célébrée à la communauté de Chevilly à son in
tention sous la présidence du Père Provincial

Quand Ste Thérèse de l'enfant Jésus meurt, une Sœur de sa communauté s'est demandé ce qu'on pourra bien dire plus tard de cette Soeur si vite partie, et dont le passage au monastère a si peu marqué celles avec lesquelles elle a vécu.

Certains pourraient penser la même chose de notre Frère Michel parti le 25 septembre dernier. Il est vrai en effet que Michel avait un mode de vie un peu particulier. Il était souvent dans sa chambre. Et de là à dire que son univers se bornait aux timbres qu'il collectait et triait avec soin, il n'y a qu'un pas ! Quand je suis arrivé à Chevilly pour y faire ma théologie en 1971, le Frère Michel était déjà là. Et quand je l'ai retrouvé en 1997, j'ai eu alors l'impression de le retrouver comme je l'avais quitté 23 ans plus tôt, Cependant à y regarder de plus près, Michel a eu une vie moins linéaire qu'on ne le pense : elle fut parsemée de bons moments durant lesquels il a pu se donner avec toute sa générosité. Il a eu aussi son lot de souffrances souvent lancinantes et peu perceptibles aux confrères distraits ou peu au fait de son parcours.

Michel est né en Franche Comté, à Sancey dans le Doubs, au pays de Ste Jeanne Antide Tourey, fondatrice des Soeurs de la Charité de Besançon. Sancey, un pays où les traditions chrétiennes étaient fortes en 1927, et où elles le demeurent encore aujourd'hui. Les familles, nombreuses dans la plupart des cas, donnaient volontiers un ou plusieurs de leurs enfants à l'Eglise. Des jeunes gens de son âge sont allés aux Missions Etrangères de Paris ou vers la société des Missions Africaines de Lyon. Michel, lui, sera missionnaire et religieux tout à la fois. Il est vrai que Laviron, pays d'origine de Mgr Cucherousset, n'est pas loin.

D'origine paysanne, habitué dès son enfance à la rudesse du climat, et au dur travail que demande la terre avant de donner sa récolte il gardera toute sa vie une attache forte à son pays d'origine, même si dès son enfance, une santé fragile limitera ses possibilités d'action. Il passe trois ans à Allex et choisit d’être Frère.

Michel fait profession le 8 décembre 1945 à Chevilly sous le ‑nom d'Antide, nom d'un saint évêque de Besançon et à la mémoire de Ste Jeanne Antide Touret. Après son service militaire  nous sommes en 1950, / il reçoit son obédience pour l'Oubangui Chari. Il y passera six ans. Il est d'abord affecté à Bangassou dans l'est du pays. Puis, assez rapidement, il viendra à Bangui. Il apprend le dur métier de la fabrication et de la cuisson artisanale de ces milliers de briques nécessaires à la construction d'églises, de presbytères, de maisons des Sœurs, de dispensaires, d'écoles, de magasins etc. A cette époque, s'ouvrent en effet de nombreux postes de mission. En même temps qu'il mène son travail, il découvre le pays / et les us et coutumes des gens qui l'entourent, comme leur langue. Il lui arrivera d'expliquer à ses parents ce que font les « molenge » quand ils sont en vacances. Je ne sais pas si à la réception de la lettre, ils ont bien compris a quoi il faisait allusion. Michel se montre curieux de tout: il découvre et s'étonne. Mais il ne juge pas. Il accueille avec joie ce monde nouveau qui est présentement le sien. Il mène son travail de surveillance avec des ouvriers sur lesquels il porte un regard de bienveillance. Michel est à Bangui quand arrive un autre spiritain franc comtois, le Père Michel Maître, originaire lui aussi du Doubs.

Mais au bout de six ans, il revient en France pour ne plus jamais repartir. Sujet à la filariose et certainement au paludisme, les fièvres répétées provoquent chez lui des crises et lui détraquent les nerfs. Suit alors une période de dix ans durant laquelle sa disponibilité le conduira de la maison mère à la rue des Pyrénées, en passant par Marseille, Chevilly, Wolxheim, Piré, Lagonnet, et Saverne.

En 1967, ses ennuis de santé persistent, il faut lui enlever un rein. A partir de ce moment , là, il ne se sentira plus tout à fait comme avant. Il se sent souvent fatigué et facilement nerveux pour ne pas dire irritable. Seul un repos prolongé en vient à bout. Ce que la plupart d'entre nous était loin de soupçonner. Certains lui font remarquer qu'il a bonne mine ! Mais ce n'est qu'apparence.

Il arrive convalescent à Chevilly en 1968. Il y restera. Il va alors consacrer aux timbres le peu de force qui lui reste. Il les collecte, les trie et les écoule. Le fruit des bénéfices sera mis à disposition. Ce sera sa manière de servir, d'être missionnaire et de soutenir les projets de ses confrères sur le terrain. Mort dans la discrétion comme il avait vécu, quel message d'espérance nous laisse‑t‑il ? Michel n'était pas l'homme des confidences. En vrai franc‑comtois, il parle peu de ce qui le fait vivre en profondeur, ni de Celui qui motive ces choix. Il n'en est pas moins attaché à son Seigneur et soucieux de faire sa volonté. Dans le courrier adressé a ses supérieurs, il n'a pas peur de leur dire ses préférences. Mais il le fait avec le souci de rester disponible et de ne pas leur créer de soucis supplémentaires. Dans les moments les plus durs, il va jusqu'à leur dire que sa foi en est ébranlée. Il avait une vraie dévotion à Marie : je l'ai croisé à plusieurs reprises en train de dire son chapelet. surpris, il esquivait un petit sourire qui pouvait en dire long. Michel avait la volonté, me semble‑t‑il, de mener sa vie religieuse au mieux de ses limites et de donner sa vie pour ses frères à la manière du Christ, à la manière spiritaine.  Il aura la délicatesse d'écrire un billet de remerciement à lire après sa mort à l'endroit des chirurgiens, docteurs, Religieuses, et responsables de nos assurances ; le 2 ème paragraphe de ce billet est une demande de pardon pour ses défauts de caractère et ses sautes d'humeur :  dans un dernier geste de solidarité avec l’humanité souffrante, il laisse son corps à la disposition de la science médicale et de la recherche. Michel est passé de notre monde à celui de Dieu, là où il n'y a  ni retraite forcée, ni maladie incurable, ni fatigue, ni saute d'humeur. Merci Seigneur de nous avoir donné Michel comme confrère, pour sa manière si discrète d'être spiritain et de vivre sa vie religieuse et communautaire parmi nous.

Gabriel Myotte Duquet

Voici l'article que lui a consacré le journal de sa région d'origine : 

C'est. avec émotion et tristesse que ses, proches ont appris le décès de Michel Jacquet, frère Antide, a la Congrégation des frères du Saint Esprit a Che­villy-Larue (Val de Marne.
Michel est né le 18 avril 1927 au foyer d'Alphonsine et Félix Jaçquet, agriculteurs a la ferme de Teigne a Sancey‑le-Grand. Il était le dernier d'une famille qui comptait cinq enfants : trois garçons et deux filles. L’une était entrée dans les ordres, Sœur Théophane, décédée il y a quelques. années. Très jeune, Michel, manifestait un grand intérêt pour le peuple africain. A l’age de I1 ans, il entre au séminaire d'Allex (26), soutenu dans sa démarche de vocation par le père Cucherousset un prêtre très connu a cette époque. A 18 ans, il prononce ses vœux à Chevilly. En 1949, âgé de 22 ans, il part en mission  a Bangui et réalise le rêve qu'il éprouvait depuis son jeune age. Il secondera les pères missionnaires dans leurs activités et soutiendra la population – Sept ans  plus tard, il revient en France et devra renoncer à sa mission en Afrique, sa santé  devenant fragile. Michel sera affecté successivement dans différents séminaires : en Alsace, dans le Midi, à Paris; Il exercera différentes activités : il sera cordonnier, cuisinier, portier. Il sera au service des différentes collectivités et tra­vaillera pour le bien de tous avec dévouement et abnégation.
 
Sa santé s'était dégradée depuis le printemps dernier. Les membres de sa famille et les amis lui rendaient visite régulièrement. Les bons soins prodigués par le personnel de Chevilly ont contribué a le soutenir dans sa maladie. Michel était un grand philatéliste, plein d'humour et d'entrain. Il était généreux et donnait beaucoup d'amour pour les autres. Son grand regret a été de ne pas pouvoir retourner en Afrique en Mission., il 'était resté attaché a sa région natale, ou il aimait revenir en vacances, entouré de sa famille. 
Selon sa volonté, il a offert son corps a la faculté de médecine de Paris. A l'issue de la céré­monie, célébrée en l'église de Sancey, des dons ont été re­cueillis au profit des Missions du St Esprit.
Est-Républicain 5 octobre 2007

9 Octobre 2007 : le Père Lucien DEISS : cliquez ici

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