Congrégation du Saint-Esprit 
      
                       sous la protection du Cœur Immaculé de Marie ( Spiritains )
 
         
                           SÉMINAIRE des MISSIONS
                                                             de Chevilly-Larue  (Val de Marne) 
    
Remonter

 

Au jour où l'étoile du matin se lèvera dans ton cœur,
Au jour où sa gloire t'illuminera de splendeur,
Au jour où il essuiera les larmes de tes yeux,
Ce jour, face à face, tu verras Dieu notre Père (J4)

Lucien DEISS, spiritain, 
a rejoint son Seigneur au soir du 9 octobre 2007
après une longue maladie. 
++++++++

L'Eucharistie du dernier adieu a été célébrée 
le 13 octobre 2007 
dans la chapelle du Séminaire des Missions 
sous la présidence de Mgr Maurice Fréchard.

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Le P. Lucien Deiss et le renouveau de la liturgie :  
les mots de Dieu et la joie du musicien
           

Là joie du musicien, c'est d'habiller les mots de Dieu de la beauté de la terre. » Lucien Deiss 

Il n'est pas nécessaire d'être mort pour entrer dans l'histoire, et il existe des revues d'histoire du temps présent... Il nous a paru intéressant de mettre dans ce numéro anthologie une notice sur une des figures spiritaines les plus connues dans le monde : le père Lucien Deiss. On ne sait pas nécessairement qu'il est spiritain, ce qui n'a jamais empêché quiconque d'aimer ses chants liturgiques et de les exécuter en toutes langues, même en chinois ! Puisqu'il est maintenant retiré à Chevilly  où tout a commencé pour lui , le père Robert Metzger s'est adressé à lui pour la notice qui suit. Elle est tissée de ses paroles reprises de divers entretiens enregistrés pour les revues spiritaines  Echo des Missions et Pentecôte sur le monde [2].

Pendant près de 50 ans, le père Lucien Deiss a mis la parole de Dieu en musique. Il a composé plus de 460 cantiques. Il a beaucoup travaillé l'Écriture Sainte. Il a été un des grands artisans du renouveau liturgique. Parole de Dieu, liturgie, musique : pour lui, trois piliers du même temple où l'homme rencontre Dieu.

Né à Eschbach (Bas‑Rhin) en 1921, Lucien Deiss a grandi dans les Landes, car son père travaillait là‑bas comme chef de chantier de forage. Quand Lucien a dix ans, sa famille se fixe à Strasbourg, à la Montagne Verte. Il fréquente le collège Saint-Étienne, puis il entre chez les spiritains à l'école Saint-Florent de Saverne. Il fait son grand séminaire à Chevilly et à Rome. Il est ordonné prêtre en l943. En 1947, le père Deiss part au Congo : il fait partie de l'équipe chargée de fonder le grand séminaire de Brazzaville. Après un an, pour des raisons de santé, il revient en France et est nommé à Chevilly pour enseigner l'Êcriture Sainte et la liturgie ; il est aussi chargé du chant. Et cela, de 1948 à 1957.   

La musique pour mémoriser les textes essentiels de la Bible 

« L’amour de la musique, je l'ai hérité de mes parents. » Le père Deiss aime à rappeler tout ce qui a contribué à sa vocation et sa formation musicales : les encouragements de ses parents, l'excellence de la chorale de sa paroisse à Strasbourg, l'apport des pères Macher et Sutter, les cours à l'Institut de Musique Sacrée à Rome. Très vite, sa compétence et ses talents font merveilles. A Chevilly, le supérieur provincial lui donne carte blanche pour faire restaurer l'orgue ; d'autre part, les séminaristes sont très motivés pour le suivre dans toutes ses intuitions. Il puise son inspiration dans le çhant grégorien et dans la polyphonie., classique. Dès le début des années 1950, il compose ses premiers cantiques, qu'il enregistre avec la chorale de Chevilly et l'apport des voix féminines de la chorale d'Élisabeth Brasseur.
Lucien Deiss indique lui‑même l'intuition fondamentale et la clé de toute son oeuvre : » 

« Je suis devenu compositeur] presque par hasard. Je faisais du ministère dans la petite communauté paroissiale du Bon Pasteur. J'ai voulu y faire chanter du grégorien, le chant officiel de l'Église. J'ai donc créé une chorale... et ça n'a pas marché. Cet échec a été pour mois une grâce. J'avais également découvert à quel point mes paroissiens ignoraient la Bible. Je me suis dit alors : Pourquoi ne pas utiliser la musique pour mémoriser les textes essentiels de la Bible ? J'ai pensé que la musique pouvait aider à mémoriser la Bible et à diffuser son message »   

De fait, les premiers "cantiques" du père Deiss sont en réalité des psaumes : Je lève les yeux vers toi, mon Seigneur ; Mon refuge est dans le nom du Seigneur ; Garde mon âme dans la paix près de toi, Seigneur ; Terre entière chante ta joie au seigneur, alléluia ! Puis il mit, en musique les hymnes du Nouveau, Testament. Le père Deiss a traduit en cantiques inoubliables les textes inoubliables de l'Ancien et du Nouveau Testament: Souviens-toi de Jésus-Christ, ressuscité d'entre les morts, Il est notre salut, notre gloire éternelle.

Des générations de Spiritains tremblent encore d'émotion en pensant aux entrées solennelles des jours d'ordination : Peuple de prêtres, peuple de rois, assemblée des saints, Peuple de Dieu, chante ton Seigneur! Ou en pensant à leur consécration à l'apostolat : L'Esprit de Dieu repose sur moi, L'Esprit de Dieu m'a consacré, L'Esprit de Dieu m'a envoyé proclamer la paix, la joie .1 Le père Deiss rappelle volontiers qu'il a composé Dieu de tendresse et Dieu de pitié pour un pèlerinage des étudiants à Chartres. Or, quelques jours plus tard, il a entendu, par hasard, un étudiant témoigner qu'à Chartres il avait découvert que Dieu est Dieu de tendresse et de pitié, plein d'amour et de fidélité. Le père conclut : « Cet étudiant reprenait, sans s'en rendre compte, le chant du pèlerinage. Si un chrétien, rien qu'un seul !  avait appris, grâce à ce chant, qui était Dieu : qu'il est tendresse et pitié, je dirais : Bénie soit cette musique ! et je m'estimerais heureux d'avoir été utile pour révéler ce Dieu. »

Tout Deiss est là: dans cette hantise de la Parole de Dieu, cette hantise de faire connaître la Parole de Dieu, cette hantise de proclamer, par la Parole et la Parole mise en musique, que Dieu est grand, que Dieu est beau, que Dieu est amour. « Quand on me demande ce que la musique apporte au texte, je réponds :.musique et poésie nous ouvrent un chemin vers le Royaume. Dans la Bible aussi, "l'important, c'est la rose": Tu te drapes, Seigneur, dans la lumière... Seigneur,. tu es si grand, vêtu de splendeur magnifique. J'ai découvert que toute la terre, toute la nature, toute notre vie aussi, étaient remplies de l'amour de Dieu : Père, ton amour remplit la terre. Montre nous ton visage d'amour. »

      « Je me suis trouvé en face du peuple de Dieu qui me demandait à manger... À la place des paroles de feu des prophètes, on proposait aux fidèles l'eau tiède des catéchismes de l'époque. A la place de cette pluie d'étoiles qui étaient, dans le ciel de la révélation, les psaumes, on leur offrait les petites bougies des dévotions. Il était nécessaire de remplacer l'eau des  cruches par l'eau vive des sources bibliques. Pensez à la force œcuménique, plus grande que la meilleure homélie, du chant : Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père. Songez a la théologie baptismale du chant: Souviens-toi de Jésus-Christ... Si nous mourons avec Lui, avec Lui nous vivrons. »

           Le peuple avait faim et soif de la Parole de Dieu, le père Deiss lui a servi la Parole de Dieu par le moyen de plus de 400 compositions, chiffre donné par la Sacem [3]. Ces compositions ont été diffusées dans des dizaines de livres ou de carnets de chants ainsi que sur des dizaines de milliers de fiches, et enregistrées sur des dizaines et des dizaines de disques, de cassettes puis de CD. Beaucoup de ces compositions ont été traduites, éditées et interprétées en anglais, en espagnol, en italien, en chinois même. Mondialement, son chant le plus connu est Souviens-toi de Jésus-Christ, devenu Keep in Mind, qui a été retenu comme chant d'anamnèse dans la liturgie anglophone.

Par le chant, mais aussi par l'étude et par l'écrit

Le Père Deiss a beaucoup écrit. Dans le domaine de l'exégèse, il a publié, dès 1963, une synopse des Évangiles qui a rendu et rend encore bien des services. Mais c'est surtout dans le domaine de la liturgie qu'il a énormément travaillé et publié : études, commentaires, guides de célébrations, recueils de prières. Là encore, son audience internationale est étonnante, surtout aux Etats Unis : « Je suis,(plus connu et célèbre aux États‑Unis qu'en France », aime-t-il à répéter avec un sourire malicieux. Il a été honoré du prix du' Meilleur musicien pastoral de 1992. Et là-bas, aux USA, certaines éditions de ses cantiques tirent jusqu'à 5 millions d'exemplaire s ! « L'argent que je gagne dans les pays riches vient en aide aux pays pauvres. »

Par cette boutade, le père Deiss indique qu'il a aussi énormément investi dans les pays du Sud, animant, en Afrique, en Amérique Latine, à Taïwan, des sessions de liturgie et d'écriture sainte, prêchant des retraites, mettant partout ses compétences et ses talents au service du peuple de Dieu et de ses responsables. Il reconnaît volontiers combien ses visites et ses tournées dans « les missions » l'ont impressionné et enrichi. Il suffit d'écouter son admirable prière : J'ai vu dans la savane... J'ai vu la sœur, fleur de brousse, essuyer le pus du lépreux et lui sourire d'amour pour guérir la plaie de son cœur et lui parler de Toi.

Aujourd'hui, à la retraite à Chevilly, le spiritain Lucien Deiss regarde sa vie : « J'ai essayé d'être "Missionnaire en demandant à la beauté d'être servante du Christ, en mettant dans les notes parfois si rebelles comme le sourire du ciel, pour qu'elles soient chemin vers le Seigneur. » 

 

 

 

Discographie de Lucien Deiss

Les cantiques et autres compositions du Père Deiss ont été enregistrées sur microsillons par les éditions Érato, Columbia, S. M., Levain, et sur cassettes (SM et Levain). ont été édités en CD ‑ et sont éventuellement disponibles ‑ les titres suivants

‑ Chez l'éditeur S. M. : Bientôt le jour se lèvera, 1989, réf. 12.17.26 ; Mère du Bel Amour, 1990, réf. 12.17.56 ; Prières pour tes merveilles (n' 1), 1991, réf. 12.19.80 Ave Maria (grégorien), 1992, réf. 12.21.63 ; Mélodies pour prier, 1992, réf. 12.20.99 D'un. amour éternel, 1993, réf. 12.22.36 ; Prières pour tes merveilles (n' 2), 1994, réf. 12.22.81 ; Prières pour tes merveilles (n' 3), 1994, réf. 12.22.95 , Vivante Parole, 1997, réf.,25.98.43 ; En cette nuit ‑ Noël, 1998, réf. 27.35.43 ; .

‑ Chez EMI Classics (France) : Chant grégorien, 1994, réf. 7243 5 68359 2 4   

 


Publications bibliques, liturgiques et théologiques de L. Deiss

 Marie, Fille de Sion, Desclée de Brouwer, 1958. Traduction% allemande (Matthias Grünewald, 1962), espagnole (Cristianidad, 1964), italienne (Elementi Ed. Queoiniania, 1970) et anglaise (The Liturgical Press, 1972).,
Les Pères
apostoliques, Fleurus, 1963.
Aux sources de la Liturgie
, Fleurus, 1963. Traduction anglaise (Ed. G. Chapman, 1967).
Synopse de Matthieu, Marc et Luc
, T. 1 et 2, Desclée de Brouwer, 1963‑1964. Nouvelle, édition avec addition de Jean, sous le titre : Synopse des Évangiles,. 1991. Rééditée en juillet 2007.
Printemps de la Liturgie
, Éd. Fleurus . , 1996. Trad. anglaise parue sous le titre Early Sources of the LitUrgy, Éd. G. Chapman, 1967.
Concile et Chant nouveau
, Ed. du Levain, 1969. Trad. anglaise parue sous le titre Spirit. and Song of the New Liturgy, Chicago, World Library Publications (= WLP), 1976.
Prières Bibliques
, Éd. du Levain, 1974. Trad. anglaise,WLP, 1978.


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« Je suis plus connu et célèbre aux États‑Unis qu'en France », aime-t-il à répéter avec un sourire malicieux. Il a été honoré du prix du' Meilleur musicien pastoral de 1992. Et là-bas, aux USA, certaines éditions de ses cantiques tirent jusqu'à 5 millions d'exemplaires ! « L'argent que je gagne dans les pays riches vient en aide aux pays pauvres. »  

Prières bibliques en Église, Éd. du Levain, 1977. Trad. anglaise parue sous le titre: Come, Lord Jesus, WLP, 198 1.
Vivre la Parole en communauté
, Desclée de Brouwer, 1974. Trad. anglaise parue sous le titre . Gods Word, Gods People (The Liturgical Press), 1976 et trad. italienne (Éd. Gribaudi, 1976),
La Cène du Seigneur
, Éd. du Centurion, 1975. Trad. italienne (Éd. Dehonianel 1977), anglaise (Éd. Collins, 1980), portugaise (Éd. Paulinas, 1985), et espagnole (Éd. Desclée de Brouwer, 1988).
Printemps de la liturgie, Éd. du Levain, 1979. Trad. anglaise, The Liturgical Press, 1977.
Prières des Dimanches,
3 volumes, Éd. du Levain. Trad. anglaise parue sous le titre: Reflexions of His Word, WLP, 19801' 1981, 1982.
Many cultures, One love, North American Liturgy Resources (NALR), 1982.
Prières pour tes Merveilles, Éd. du Levain, Vol. 1 et 2, 1983 et 1987. Trad. anglaise du vol. 1, (NALR), 1983.
Célébrer la Parole,
Ed. du Levain, 7 volumes, 1986‑1989. Trad. partielle parue chez, NALR.
La Mess,e
Desclée de Brouwer, 1989. Trad. espagnole (Ed. Paulinas, 1980) et anglaise (The ûturgical Press, 1992).

Célébration de la Parole, Éd. Desclée de Brouwer, 1991. Trad. italienne (Éd. Pàoline 1992), espagnole (Éd. Paulinas, 1992) et anglaise (The Liturgical Press, 1993).
collection « Liturgie en fête ». 
Les M espagnole, NALR) ; 3. La question essentielle (traduction anglaise, NALR) ; 4. Louez Dieu par la danse (en collaboration avec Gloria WEYMAN) (traduction anglaise, NALR).
Joseph, Mary, Jésus
, Collegeville, Minnesota, The Liturgical Press, '1996 (traduction  française : Joseph, Marie, Jésus Versailles, Éd. Saint‑Paul, 1997).
Visions of Liturgy and Music for à New Century
, Collegevillel Minnesota, The Liturgical Press, 1996.

En collaboration avec Gloria Gabriel WEYMAN Dancing for God, Cincinnati, World Library of Sacred Music, 1965 ; Dance for the Lord, Chicago, World Library Publications, 19175 ;  Liturgical Dance, 1984.   

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  Robert Metzger [1]  Mémoire Spiritaine, n' 16, deuxième semestre 2002, p. 149 à p. 156.

[1] . Spiritain, missionnaire au Congo-Brazzaville de 1971 à 1982 puis de 1988 à 1995 ; a enseigné l'histoire de l'Église au grand séminaire de Brazzaville et à Chevilly (Centre Missionnaire Laval) ; a animé le Centre Libermann, à Saverne (1996‑1999) ; travaille depuis 1999 aux archives générales de la congrégation du Sàint‑Esprit, à Chevilly. Décédé le 11 novembre 2003.
2]
2. En plus des propos recueillis par lui‑même, Robert Metzger a puisé dans l'Écho des Missions, septembre‑octobre 1985, et dans le dossier: « Lucien Deiss Parole de Dieu, Chant, Mission » paru dans la revue Pentecôte sur le monde, n' 770, novembre‑décembre 1996, p. 8-25.
[3]
Sacem : Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique

L'Eucharistie du dernier adieu : 13 octobre 2007

Elle fut présidé par Mgr Maurice Fréchart, spiritain, Archevêque émérite d'Auch, la "voix d'or" de la période de l'enregistrement des disques. 
Mgr Frickart, ancien évêque auxiliaire de Paris, Mgr Ernest Kombo s.j., évêque d'Owando (Congo), le Père Myotte Duquet,  provincial  concélébraient avec lui . M.Jean-Pierre Beconnet, Diacre du diocèse de Créteil les assistait.

Les chants de cette messe d'adieu ont été exécutés par des spiritains "d'un certain âge", la plupart anciens de la Chorale des Pères du Saint-Esprit du Séminaire des Missions de Chevilly-Larue , sous la direction de Claude Tassin

On a pu entendre et chanter :   Au jour où l'étoile du matin se lèvera dans ton cœur...  La joie du Seigneur est notre rempart...  Sauve  nous Seigneur, rassemble nous dans ton amour ...  Montre nous, ton visage d'amour.... Dieu de tendresse et Dieu de pitié.... Tu es la joie, tu es l'honneur de notre peuple, Vierge Marie. ...

On a réentendu lentement et distinctement le chapitre 8 de Néhémie , cette description de la célébration au cours de laquelle le peuple de l'ancienne Alliance redécouvre la Parole. et qui se conclut par l'acclamation  « la joie du Seigneur est notre rempart " 
     Lucien Deiss avait fait de ce texte l'introduction solennelle des sessions liturgiques qu'il anima à travers le monde pour faire évoluer la liturgie dans l'esprit et la lettre de la réforme issue du Concile Vatican II et beaucoup de participants à notre eucharistie lui doivent cette compréhension de la liturgie Eucharistique actuelle.
    Le texte de l'Évangile selon Saint Luc rendait compte de la visite de Jésus à ses apôtres après sa résurrection :
« Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il fallait que s'accomplit tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
C'est ce que Lucien Deiss avait essayé de transmettre à tous les chrétiens, selon le don qui lui a été donné.

    Dans son homélie, Monseigneur Maurice Fréchard qui, avant les responsabilités importantes qui lui furent confiées ensuite, avait accompagné très profondément les premières oeuvres du Lucien Deiss a rappelé l'essentiel de la démarche de celui qui fut son maître.

 

Durant la longue épreuve de cette fin de vie, pour le malade comme pour nous, il y avait la prière. Elle assurait notre communion entre nous et avec le malade, certains, ensemble, que le Seigneur entendait notre prière. C'est encore cette prière qui nous réunit autour des restes mortels du défunt....Quand nous étions en prière autoU1~ de lui, pour lui, Dieu assurait notre lien vivant entre ses enfants séparés.
....Il nous a fait chanter la parole des prophètes, des Apôtres, de Jésus lui‑même, de la grande Tradition de notre Eglise. Des textes importants pour sa foi et la nôtre, parce qu'ils les avait longtemps portés dans sa prière et dans une recherche pastorale souvent liée à celle de Jean‑Marie Lustiger, alors aumônier des étudiants de Paris. Textes importants aussi pour sa propre vie et pour la nôtre, parce qu'il les avait vécus dans sa chair vive. Il les habitait, ils avaient pris place dans la mémoire de sa foi. Il les partageait avec ses frères, non seulement francophones, mais d'autres ères linguistiques, notamment anglophones des Etats-Unis d'Amérique.
Cette parole pour lui était une question de vie profonde. De vie quotidienne d'abord, dans le sens de donner signification aux gestes habituels, aux circonstances de la vie quotidienne, notre prière, notre joie, notre peine, notre souffrance aussi. Dans la prière secrète comme dans la prière liturgique. Il gardait un attachement réel au chant grégorien de la Parole de Dieu. Il en avait inspiré le goût à combien de religieux au cours de leurs études
? Sous sa direction la polyphonie classique avait trouvé une interprétation d'une grande qualité au service de la même Parole. Qui écoute ta Parole, Seigneur, ne verra jamais la mort, il possède en lui la vie éternelle. A qui îrions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Sans te voir nous t'aimons, sans te voir nous croyons et nous exultons de joie, Seigneur, sûrs que tu nous sauves, nous croyons en toi. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, Dieu de tendresse et Dieu de pitié', Dieu plein d'amour et de fidélité, Dieu qui pardonnes, ... Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d'entre les morts. Souvent, ses amis et moi nous le lui avons chanté à son chevet. Grâce à Lucien Deiss, l'un des derniers conseils de saint Paul à son disciple Timothée habite désormais la mémoire de nombreux croyants, il nourrît leur espérance.
Son désir était encore plus ambitieux, épousant pleinement le renouveau de la liturgie née de Vatican II, ce n'était pas seulement une question de mémoire vive à nourrir avec soin, mais de lui offrir l'écrin le plus prestigieux au cœur de la célébration liturgique, de l'Eucharistie.
Il n'est plus alors question de nous souvenir ensemble, c'est bien davantage de vivre la réalité vivifiante de Jésus mort et ressuscité, son offrande totale à son Père dans sa Pâque. Dans la liturgie chrétienne, nous sommes contemporains du sommet de notre histoire humaine, quand poussé par l'Esprit, Jésus, l'Agneau de Dieu, est définitivement victorieux du péché du monde par l'amour de son Coeur transpercé et victorieux pour toujours de la mort des hommes au matin de Paques.

         C'est le Père Gabriel Myotte Duquet, provincial de France des Spiritains, qui a évoqué la personnalité de celui qui vient de nous quitter :  

         Le Père Lucien Deiss évoque pour la majorité d’entre nous le chant liturgique, la musique religieuse, les beaux textes de la bible chantant l’amour indéfectible du Seigneur pour l’humanité, la parole de Dieu « habillée de la beauté de la terre »
Travailleur infatigable, le Père Lucien Deiss a beaucoup étudié, et mené de nombreuses sessions, retraites, ateliers et conférences. Il a enregistré en grand nombre disques et cassettes de chants et de poèmes. Il a publié des livres de liturgie et d’écriture sainte. Il a eu le souci constant de faire fructifier les talents qu’il avait reçus non pour lui-même, mais pour le service de l’humanité entière.
Hasard ou clin d’œil du Seigneur, quand il entre dans la vie de Dieu, lundi dernier vers 21h., venait de commencer à la chapelle de la Maison Mère à Paris un concert donné par l’association Lyre et Muse, association qui quelques mois plus tôt dans la même chapelle avait interprété plusieurs de ses chants les plus célèbres. (un certain nombre d’entre nous s’en souviennent) 

Lucien est né le 2 septembre 1921 à Eschbach dans le Bas Rhin. Dès son enfance, il se sent appelé à la vie religieuse et missionnaire. Il entre au petit séminaire spiritain de Saverne. Il fait son grand séminaire à Chevilly-Larue et à Rome. Il est ordonné prêtre en 1945. Deux ans plus tard, avec les Pères François Créac’h et Joseph Hirtz, il part fonder le grand séminaire Libermann de Brazzaville. Mais sa santé ne lui permettra pas d’y rester plus d’une année. Il est alors nommé professeur d’écriture sainte et de liturgie ici même à Chevilly-Larue. Il y resta jusqu’en 1957. C’est avec la chorale des séminaristes de Chevilly-Larue et l’apport de la chorale d’Elisabeth Brasseur qu’il enregistre ses premiers disques de chants grégoriens, puis de chants en français. Son livre d’inspiration est la bible seule. En premier, les Psaumes ‘je lève les yeux vers toi mon Seigneur’ – ‘mon refuge est dans le nom du Seigneur qui créa le ciel et la terre. ‘terre entière chante ta joie au Seigneur…’ Puis les hymnes du nouveau testament comme ‘Souviens toi de Jésus Christ’ traduits en de multiples langues et connus jusqu’à Taiwan. « Souviens toi de Jésus Christ » est devenu le chant d’anamnèse dans la liturgie du monde anglophone. « Il était temps de remplacer l’eau des cruches par l’eau vive des sources bibliques ». Le peuple de Dieu avait faim et soif de sa Parole, le Père Deiss a mis cette Parole à sa disposition : plus de 400 compositions furent diffusées par des dizaines de livres, de carnets, de fiches, de disques et de CD.
Durant le Concile Vatican II, le Père Deiss fit partie du comité liturgique. Il  travailla à la réforme du lectionnaire, et fut chargé par ses pairs de choisir les psaumes responsoriaux pour l’Eglise universelle.
Lucien ne cessera ni de composer ni d’écrire : en 1963, il publie une synopse du Nouveau Testament. Mais c’est surtout  dans le domaine de la liturgie qu’il a beaucoup travaillé et publié : recueils de prières et autres guides de célébration. 
Là encore son audience est étonnante. Elle a traversée les mers : « je suis davantage connu aux Etats Unis qu’en France » disait-il avec humour. Il exerça une grande influence « dans une Amérique, écrit-il, riche matériellement, mais pauvre en renouveau liturgique, en écriture sainte, et en chants liturgiques. » Les sollicitations  venaient des Evêques aussi bien que des responsables de la liturgie ou du renouveau conciliaire. Retraites, sessions, ateliers se succédaient, attirant à chaque fois plusieurs milliers de personnes. Grand prix du meilleur musicien pastoral en 1992, il explique : « ce n’est pas à cause de moi ou de ma musique, c’est à cause de la Parole de Dieu ».

     En 1958, le Père Deiss avait trouvé auprès des Sœurs spiritaines à Vaucresson, à l’ouest de Paris, un environnement qui lui permit de développer au mieux les multiples talents dont le Seigneur l’avait pourvus. C’est avec elles qu’il y fêtera ses 80 ans avant de rejoindre ses frères spiritains à Chevilly où il pourra bénéficier des soins et d’un accompagnement appropriés. C’est en toute simplicité qu’il reprend le rythme de la vie communautaire comme s’il ne l’avait jamais quitté.
Dieu seul sait la somme de reconnaissance que nous devons tous au Père Deiss. Il nous a permis de mieux connaître la Parole de Dieu. Il nous l’a fait chanter et danser. Il nous a aidés à vivre en profondeur le renouveau liturgique. Il nous a fait découvrir un Dieu d’amour et de miséricorde que nous ne connaissions pas encore.

      Il serait intéressant de citer tous les témoignages de reconnaissance qui ont été conservés. Ils viennent de tous les pays, de toutes les confessions chrétiennes, de toutes les catégories sociales et religieuses, de ceux qui ne l’ont jamais rencontré comme de ceux qui ont eu la chance de l’approcher ou de vivre avec lui. Ces témoignages sont tous forts et unanimes: - « Lucien Deiss n’est pas seulement un musicien qui apprend aux fidèles à bien chanter. Son travail de composition est celui d’un théologien. Le parfait équilibre se retrouve jusque dans le choix des titres de ses livres de théologie et de ses cantiques » (1959).
     - ‘Quand j’ai [acheté] ces ouvrages, j’étais loin de penser que j’y puiserais sans jamais me fatiguer  comme à une très belle source à laquelle on revient sans cesse. Donne moi Seigneur, un cœur qui t’aime comme il sait t’aimer à travers tout…’ (religieuse)
     - ‘Merci pour tout le bien que vous faites par vos chants qui inspirent à prier, à rencontrer le Seigneur, à anticiper même le bonheur éternel’.
      - ‘Puissez vous connaître – étonné – le visage de ceux et celles que par vos chants, vous aurez conduits à Dieu. Votre spiritualité, votre respect de l’Eglise, votre ouverture à l’Esprit Saint sont perceptibles dans toute votre vie ! (un évêque américain.)
          ‘votre message est simple, profond, et il donne vie. Merci pour votre humilité, votre générosité et votre humour (un laïc américain). 
      Si le Père Lucien Deiss fut un amoureux de la Parole de Dieu qu’il annonçait avec passion, il a également vécu son appartenance à la Congrégation du Saint Esprit avec passion : Il fut missionnaire dans l’âme. Il avait pour principe de ne refuser aucune invitation ni aucun appel venant de ses confrères d’Afrique ou d’Amérique latine. Ainsi, de nombreuses fois, il a sillonné les pistes que nous avons empruntées, pour nous aider à adapter notre ministère à ceux à qui nous étions envoyés, à cueillir les fleurs sur des terres que nous jugions, souvent à tort, peu productives, à célébrer d’une façon plus festive et plus chantante la gloire de Dieu au milieu de peuples dont la tradition reposait sur l’oralité, le chant et la danse. Sa sensibilité lui faisait découvrir des richesses cachées que nous avions du mal à reconnaître. En même temps ses visites et ses tournées dans les pays de missions l’ont impressionné et enrichi.– « j’ai vu, écrira-t-il dans un magnifique poème, j’ai vu la Sœur, fleur de brousse, essuyer le pus du lépreux et lui sourire d’amour pour guérir la plaie de son cœur et lui parler de toi… »
       Au soir de sa vie, il avouait très simplement qu’il avait « essayé d’être missionnaire en demandant à la beauté d’être servante du Christ, [et] en mettant dans les notes parfois si rebelles comme le sourire du ciel, pour qu’elles soient chemin vers le Seigneur. » 

Dans les années 1960, à la suite du Concile, la Congrégation traversa une période de turbulence. Des confrères ont été profondément humiliés. Il sera l’un d’entre eux ! Mais il restera spiritain. Nous lui sommes reconnaissants d’avoir tenu ferme dans la barque. Lucien demeurera à jamais un modèle de fidélité à la parole donnée une fois pour toute, un amoureux de l’institut dans lequel il était entré librement et dans lequel il a voulu poursuivre la mission qui lui était confiée, par delà ses limites. Il a répété à qui voulait l’entendre qu’il aimait la Congrégation jusque dans les heures sombres de son histoire et il a remercié souvent tous ceux grâce à qui il était devenu celui qu’il fut.
      Certaines exigences de la vie religieuse ne semblaient pas lui peser. Année après année, il demandait à ses supérieurs successifs l’autorisation de continuer ses activités et de satisfaire aux demandes qui lui venaient du monde entier. Pour lui, ni les talents, ni le rayonnement dont il jouissait, ni la notoriété ne le dispensaient de la simplicité évangélique de la pauvreté et de l’obéissance.  
     
Après plus de quarante années à Vaucresson, il aurait pu trouver la vie à Chevilly-Larue difficile. Il sembla s’y adapter avec aisance, conscient que son rythme se ralentissait au fil des jours. Il ne se départit jamais de son sourire. Car il savait voir la beauté de Dieu jusque dans les gestes quelques fois maladroits de ses confrères comme dans leurs paroles pas toujours cohérentes. Il exprimait de la reconnaissance à ceux et celles qui s’approchaient de lui, aux Religieuses chargées des soins, à nous tous, ces confrères venus le saluer. Il était fier de ce que nous étions et admiratif ce que nous faisions. Il ne manquait jamais de nous redire son affection fraternelle, comme son attachement indéfectible à la Congrégation.  « j’ai cherché à faire de ma vie un chant de joie » a-t-il dit un jour! Il a tenu parole jusqu’au bout.

Merci Père Lucien !

 

 

 

 

         La grande chapelle du Séminaire était presque trop petite pour accueillir tous ceux et celles qui ont voulu venir participer à ce dernier adieu, sa famille d'Alsace, évidemment, mais aussi,  prêtres spiritains et diocésains, moines de St Wandrille, religieux et religieuses de toutes congrégations, M. le Sous-Préfet de l'Haÿe-les-Roses, M. le Maire de Chevilly-Larue et des membres de son Conseil, Monsieur le Professeur Gentilini et un grand nombre d'amis ; parmi ceux-ci, Madame Gloria Weymann et Monsieur Rick Hardy, venus spécialement des États-Unis où ils assistaient le Père Deiss dans la publication de ses oeuvres musicales et liturgiques. 
          De nombreux témoignages nous sont parvenus de ceux et celles qui ne pouvaient être avec nous, notamment notre Supérieur général le Père Jean-Paul Hoch, notre nouvel évêque Mgr Michel Santier,  témoins de tout ce que Lucien Deiss avait apporté à leurs vies de chrétiens et d'apôtres.
          Le livre d'or déposé à l'entrée de la chapelle  témoigne de ce qu'il a été pour eux tous....

Lucien Deiss repose maintenant dans le cimetière spiritain de la communauté de Chevilly-Larue, avec quelques 750 autres spiritains qui l'ont précédé.

Qu'il repose en paix !

 

 

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Paroles de Dieu - Lucien Deiss

La Congrégation du Saint-Esprit et Pentecôte sur le monde 

éditent les oeuvres de Lucien Deiss, cssp.
Chantées sur les 5 continents, depuis près de 50 ans, les compositions 
du Père Lucien Deiss n’ont jamais perdu de leur popularité grâce 
à leur double inspiration biblique et musicale. 
Ses plus belles compositions se trouvent réunies dans un magnifique coffret digipack 
de 5 CD. Avec des pages célèbres de chants grégoriens et de musiques sacrées de la renaissance enregistrées avec la Schola du séminaire du Saint-Esprit de Chevilly-Larue.

 

 

CD 1 : Chants grégoriens (pages célèbres)
CD 2 : Polyphonies de la Renaissance
CD 3 : Chants liturgiques (Avent, Noël,Carême…)
CD 4 : Chants liturgiques (Pâques, Pentecôte, Fêtes de l’Église)
CD 5 : Chants liturgiques (Vierge Marie)

Plus de 50 chants liturgiques et leurs partitions musicales en format PDF

 

Bulletin de commande 

Le coffret est disponible au prix public de 40 €, (franco de port).

Veuillez recopier le bulletin ci dessous et l'envoyer à l'adresse ci dessous :

Veuillez m’expédier   ____ coffret(s) des CD « Paroles de Dieu » de Lucien Deiss à l’adresse suivante :

NOM : ................................................................................................................ PRENOM......................................................................................................................................

ADRESSE : ...................................................................................................................................

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Chèque à l’ordre de : Congrégation du Saint-Esprit
Adresse de la commande : CD Lucien Deiss

Pentecôte sur le monde

30, rue Lhomond
75005 - PARIS

 

 

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